WhatsApp : Poursuite du Gouvernement de l’Inde en vue de bloquer de nouvelles règlementations

  •   Le 04/06/2021 à 16h36
  •   DEHOUI Lionel

En plein mois de mars, une situation pas commode a eu lieu dans le monde du Web et surtout sur les plateformes de Facebook. Il s’agit d’une panne rencontrée sur les plateformes telles que : Instagram, Messenger et surtout WhatsApp. Quelques semaines après cet incident, WhatsApp a lancé une poursuite en justice contre le Gouvernement d’Inde auprès de la Haute cour de Delhi.

WhatsApp : Poursuite du Gouvernement de l’Inde en vue de bloquer de nouvelles règlementations

Les implications de la nouvelle règlementation

Ce mercredi 26 mai, entrait en vigueur la nouvelle règlementation. Elle intervenait dans un environnement de tensions croissantes entre les principaux réseaux sociaux (Instagram et Twitter). Le gouvernement de l’Inde exige de ces derniers la suppression de certains contenus. Une exigence face à laquelle la messagerie WhatsApp a entamé une action en justice auprès de la Haute Cour de Delhi. L’objectif est de ne pas permettre à l’Inde d’imposer de nouvelles règles aux réseaux sociaux.

Il faut dire que la filiale de Facebook va notamment contre la demande de “traçabilité“ soumise par les autorités indiennes. Ces dernières imposent aux réseaux sociaux de fournir des détails au sujet du 1er auteur des messages quand elles jugent ces informations nuisibles. Le gouvernement indien voit ces détails comme des éléments portant atteinte à la souveraineté nationale, à l’ordre public et surtout à la sécurité de l’État.

 

Point de vue des deux parties

La demande de traçabilité a une signification toute particulière. Cela reviendrait à demander aux médias sociaux de disposer et de garder une empreinte digitale de chaque message sur WhatsApp. Soit un fait susceptible de briser le cryptage de bout en bout et pouvant enfreindre le droit fondamental des personnes à la vie privée.

Rappelons que la messagerie WhatsApp est actuellement utilisée par plus de 500 millions de personnes sur le territoire indien. Elle continuera néanmoins à coopérer pour ce qui concerne les “demandes légales valides“ en matière d’informations émises par les responsables gouvernementaux. Face à cette situation, Google et Facebook entendent œuvrer pour rester en conformité avec les nouvelles directives.

De son côté, l’Inde est dans une logique d’instauration de règles qui amèneraient les réseaux sociaux à faire preuve de plus de responsabilité. Ils seront ainsi contraints à ne plus diffuser des informations fausses.

 

Remise en cause de gestion de la crise sanitaire

En ce qui concerne les détracteurs du gouvernement indien, ils considèrent la démarche de celui-ci comme une action répressive. Tout récemment, les locaux de Twitter dans la ville de New Delhi ont été visités par la police. Celle-ci menait une enquête au sujet de la décision du réseau social étiqueté “média manipulé“ à travers un tweet d’un membre du BJP.

Le BJP est un parti nationaliste hindou qui est actuellement au pouvoir dans le pays. Ce tweet fait suite à la publication d’un document par la même personne en guise de projet de Congrès (parti d’opposition). Ce projet aurait pour but de dénigrer la gestion de la crise sanitaire par le Gouvernement. Une information démentie par le Congrès désignant le document comme un faux.

Remarque : En avril dernier, les autorités indiennes ont ordonné à Facebook et Twitter de retirer plusieurs dizaines de messages. Ceux-ci contenaient en effet des écrits désapprouvant la gestion de la pandémie par Modi, le Premier Ministre.