Veolia/Suez : Bruno Le Maire soutient le projet

  •   Le 06/09/2020 à 21h17
  •   DEHOUI Lionel

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, s’est prononcé ce vendredi sur l’affaire Veolia/Suez. Il a déclaré que le rapprochement des deux entités est un bon projet stratégique, tant que certaines conditions sont respectées. Engie, qui est le groupe mère de Suez demande à Veolia d’améliorer sa proposition et invite Suez au dialogue.

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Veolia/Suez : Bruno Le Maire soutient le projet
Droit image : Laurent Grassin - Flickr

Déclaration de Bruno Le Maire sur le sujet

Le dimanche 30 août passé, Veolia a proposé à Engie de racheter 29,9 % de sa participation dans Suez (sur les 32 % qu’il possède). Le prix proposé est de 15,50 euros par action, soit pour une somme totale de 2,9 millions d’euros. Veolia ambitionne aussi de lancer une OPA sur le reste du capital de Suez, afin d’en faire une entité française mondialement reconnue dans le domaine de la transformation écologique.

À ce sujet, Bruno Le Maire a affirmé que Veolia a eu une bonne idée en envisageant de faire du groupe français Suez un champion mondial de la gestion de déchets. Cependant, l’opération ne doit pas être effectuée à n’importe quel prix et elle doit respecter quelques règles.

 

Les conditions de Bruno Le Maire

Pour le ministre, Veolia doit revoir son offre afin de proposer un bon prix pour l’acquisition de la participation d’Engie dans Suez. Ceci, dans l’intérêt patrimonial de l’État français, qui est actionnaire d’Engie à 23,6 %.

En citant la préservation de l’emploi, il a ajouté « qu’il ne doit pas y avoir dans cette opération un vainqueur et un vaincu. Le seul vainqueur, ce doit être l’industrie française ». Dans la matinée du vendredi, le président du conseil d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu, a déclaré que la proposition de Veolia n’est pas mal, mais que le prix proposé était peu. Il a également invité Suez à dialoguer avec son concurrent Veolia.

 

Les revendications des syndicats

Les syndicats de Suez se sont catégoriquement opposés à Veolia. Ils se sont ainsi réjouis de l’opposition du maire de Nice au projet, qui a déclaré que la fusion entre Suez et Veolia va carrément tuer la concurrence. Il justifie ses allégations en indiquant que si l’activité « eau » de Suez continue de rivaliser avec celle de Veolia, l’antitrust en cas de fusion va impliquer la vente d’une partie non connue de l’activité « déchets » en France. Ce qui va tuer la concurrence étant donné que les rivaux de Veolia dans ce secteur seront bien petits.

 

Le comité d’entreprise européen (CEE) de Suez mène la lutte

Franck Reinhold Von Essen, secrétaire CGT du comité d’entreprise européen (CEE) de Suez, assure que cette opération « Va tuer le pouvoir du décideur de public à choisir, sur les gros projets d’incinérateurs à plusieurs centaines de millions d’euros » et on devra faire appel à des acteurs étrangers.

Face à cette situation, le CEE a l’ambition de pouvoir rallier « députés et maires » à la riposte. La représentation salariale a aussi lancé un appel à l’endroit de tous les salariés du groupe. Ceux-ci sont invités à suspendre leur travail pendant deux heures (9 h à 11 h). Elle a affirmé que ce mouvement de protestation vise à faire savoir à l’actionnaire principal Engie, que les syndicats sont vraiment déterminés à lutter contre ce projet d’OPA.