Suisse : en attente de sa plus forte baisse économique jamais vue depuis 1975

  •   Le 17/06/2020 à 18h34
  •   DEHOUI Lionel

La pandémie occasionnée par le coronavirus est à l’origine de la chute de plusieurs économies dans le monde entier. La Chine, les États-Unis, l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et nombreux autres pays ont été paralysés économiquement par le Covid-19. Ce mardi, le gouvernement suisse a annoncé de son côté que son économie devrait connaître sa plus forte chute en 2020. Une situation qui n'a plus jamais été enregistrée depuis des décennies, mais causée par l’épidémie du Covid-19. En effet, la production et l’emploi ont été impactés par l’épidémie selon le gouvernement suisse. Il a aussi précisé que le ralentissement serait moindre par rapport à ce qui était redouté préalablement. Le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) estime que le PIB (produit intérieur brut) devrait baisser de 6,2 % sur l’ensemble de l’année 2020. Ce qui correspondrait à la plus forte contraction de l’activité économique depuis 1975 ainsi que du choc pétrolier.

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Suisse : en attente de sa plus forte baisse économique jamais vue depuis 1975

Le taux de chômage et le PIB

Selon les prévisions du SECO, l’activité économique toucherait son plus bas niveau au deuxième trimestre de l’année actuelle. En détail, le groupe d’experts gouvernemental prévoit que le taux de chômage serait de 3,8 % en 2020. Il explique sa prévision par le recul de la consommation des ménages et du commerce extérieur. Il a également pris en compte le lent redémarrage de l’activité des différentes entreprises à la suite des fermetures obligatoires.

Ces mesures avaient été adoptées pour réduire la vitesse de propagation du virus. Cependant, ces prévisions sont mieux par rapport à celles communiquées en avril. Les prévisions donnaient le PIB en recul de 6,7 % en son temps. Par ailleurs, l’allègement des mesures sanitaires observé depuis la fin du mois d’avril s’est fait plus rapidement que prévu. Ce qui s’explique par la baisse rapide du total de cas atteint par le Covid-19 selon le Secrétariat.

 

Les prévisions de SECO pour le deuxième semestre et pour 2021

Comparativement aux prévisions sur l’activité économique des autres pays européens, celles du SECO sont nettement plus favorables. Au Royaume-Uni, en France et en Italie, le PIB devrait chuter de 11,5 %, 11,4 % et 11,3 % selon l’OCDE. En revanche, un redémarrage économique progressif devrait avoir lieu durant le deuxième semestre de la présente année selon les attentes du gouvernement. Mais ce dernier a tout de même souligné que cela se fera en absence de nouvelle vague d’infection au coronavirus.

Une telle situation pourrait conduire le pays à se confiner de nouveau. Après ces prévisions sur l’économie suisse de cette année, le SECO a aussi donné ses estimations pour l’année prochaine (2021). Le Secrétariat prévoit un redémarrage modéré de l’activité économique suisse avec une importante croissance du produit intérieur brut qui sera de 4,9 %. Mais il table sur une lente reprise du marché du travail avec le taux de chômage qui devrait continuer son augmentation en 2021.

Remarque : L’année prochaine, le chômage devrait augmenter de 4,1 % selon les estimations du SECO.

 

L’analyse d’un économiste

Les différentes prévisions ont été vues de près par l’économiste en chef de la banque Mirabaud, Gero Jung. Il trouve que l’économie suisse s’est montrée plus résistante contrairement à ce qui peut être observé à l’échelle internationale. Il a mis l’accent sur la réaction immédiate du gouvernement qui a débloqué 60 milliards de francs suisses afin de contrer la crise sanitaire.

Cette somme correspond à plus de 10 % du PIB suisse et équivaut à 55 milliards d’euros. Environ 130 000 entreprises ont bénéficié de plus de 15 milliards de francs suisses en prêts d’urgence. De plus, plus de 37 % de la population active a dû recourir aux indemnités de chômage partiel.