Pourquoi BP annonce le déclin du pétrole ?

  •   Le 17/09/2020 à 12h46
  •   HARMANT Adeline

Le groupe BP, tout comme d’autres majors pétrolières, semble assez pessimiste en ce qui concerne l’avenir à long terme du cours du pétrole. En effet, cette entreprise justifie sa stratégie avec un scénario prospectif qui a de quoi inquiéter les investisseurs avec un pic de la demande entre 2020 et 2030 et une baisse drastique par la suite, ce pousse le groupe à tenter de devenir une major multi-énergie.

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Pourquoi BP annonce le déclin du pétrole ?
Droit image : ben klocek - Flickr

Jusqu’à -50% pour le pétrole à long terme :

Selon le groupe BP et si le monde reste sur une trajectoire de réchauffement climatique de 1.5°, la demande en pétrole pourrait perdre 80% de sa valeur d’ici 2050. Dans le meilleur des cas, la chute sera au moins de 10%.

Ces conclusions sont par ailleurs soutenues par son concurrent Shell qui publie, comme BP, des rendez-vous annuels très suivis des observateurs du secteur de l’énergie. BP y annonce ainsi qu’indépendamment des politiques énergétiques des Etat, la demande de pétrole a aujourd’hui presque atteint son apogée. On s’attend donc à une décroissance entre 2025 et 2030. Durant ces 30 prochaines années, le cours du pétrole devrait ainsi perdre au moins 10% et jusqu’à 80% si les données climatiques ne s’améliorent pas.

 

D’autres énergies étudiées pour en venir à cette conclusion :

Bien entendu, la demande et les besoins en énergie du monde vont quant à eux continuer de croitre et, même si elle se stabilise finalement, elle aura atteint 25% en 2050 avec un prix élevé du carbone. Le pétrole et le charbon sont donc les deux énergies qui seront les plus impactées par ce scénario et ce dernier évoque une part des hydrocarbures dans l’énergie primaire entre 65 et 20% en 2050 contre 85% en 2018 alors que la part des énergies renouvelables atteindra 20 à 60%.

Dans les transports notamment, l’utilisation du pétrole devrait passer de 90% en 2018 à 20% au plus bas de l’estimation pour 2050. En ce qui concerne la demande de pétrole hors énergie, elle devrait se maintenir ou augmenter légèrement.

Le gaz naturel, de son côté, devrait un peu mieux résister sur cette période avec un pic vers 2030 et une augmentation d’un tiers d’ici 2050. Il peut en effet limiter l’utilisation du charbon dans les économies qui se développent rapidement.

Enfin, la part de l’électricité devrait quant à elle augmenter partout dans les mix énergétiques. Ainsi et selon ce scénario, elle passerait, dans la consommation finale, de presque 20% en 2018 à 34% en BAU, 45% en Rapid et 50% en Net Zero en 2050.

Avec ces prévisions et la hausse de la part de l’électricité face au pétrole, les groupes pétroliers BP, mais aussi Shell ou Total, souhaitent conserver leur position de leader. C’est la raison pour laquelle ils investissent aujourd’hui davantage dans les énergies renouvelables ou encore dans le captage et stockage de carbone. Désormais, ils se présentent d’ailleurs comme des fournisseurs d’énergie et non plus comme des pétroliers.