Les groupes Roche, Novartis et Genentech condamnés à payer une amende de 445 millions d’euros

  •   Le 11/09/2020 à 07h26
  •   HARMANT Adeline

C’est un coup dur pour les laboratoires Roche, Novartis et Genentech qui ont été condamnés, ce mercredi 9 septembre, par l’Autorité de la Concurrence, à payer une amende de plus de 445 millions d’euros. Ces entreprises ont en effet été déclarées coupables de s’être adonnées à des pratiques abusives visant à préserver les ventes du médicament Lucentis dans le cadre de la DMLA et au détriment d’Avastin, un autre traitement vendu par les trois groupes mais à un prix 30 fois moins élevé.

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Les groupes Roche, Novartis et Genentech condamnés à payer une amende de 445 millions d’euros
Droit image : Andrew Hecht - Flickr

Rappels des faits reprochés aux trois entreprises :

C’est au début des années 2000 que le laboratoire Genentech commence à développer l’Avastin, un médicament contre le cancer qui sera ensuite commercialisé par Roche sur le marché européen. Or, en parallèle, le laboratoire s’aperçoit qu’un autre de ses médicaments en cours de développement et spécifiquement pensé pour le traitement de la DMLA, le Lucentis, peut être concurrencé par l’Avastin qui montre lui aussi des effets positifs pour le traitement de cette même maladie.

C’est à partir de ce moment que l’Avastin sera très fortement utilisé contre la DMLA et ce, en dehors de toute autorisation de mise sur le marché spécifique. Il faut dire que le coût de ces deux traitements est radicalement différent. En effet et alors qu’une dose de Lucentis est facturée 1 161 euros, une dose d’Avastin ne coûte que 30 à 40 euros.

Ce n’est ainsi qu’en 2008 que le gouvernement français lance des projets de recherches dans le but de tester l’efficacité ainsi que les effets secondaires éventuels de l’Avastin dans le traitement de la DMLA. Les trois groupes, qui subissent cette contrainte vont alors tout faire pour s’y opposer en empêchant notamment l’utilisation de l’Avastin hors AMM. Pour cela, elles vont ainsi diffuser auprès des médecins et des autorités publiques un discours inquiétant et parfois mensonger à propos des risques liés à l’utilisation de ce traitement contre la DMLA. L’objectif était bien entendu ici de bloquer ou de ralentir les initiatives des pouvoirs publics qui visaient à sécuriser son usage hors AMM pour le traitement de la DMLA.

 

La conclusion de l’autorité de la concurrence :

Après enquête, l’Autorité de la concurrence a ainsi déclaré que les trois entreprises citées avaient abusé de leur position dominante collective. En effet et bien que s’agissant de trois entreprises différentes et bien distinctes du point de vue légal, les trois laboratoires devaient ainsi être vus comme formant une entité collective au sens du droit de la concurrence étant donné les liens capitalistiques croisés et les liens contractuels qui existent entre eux.

Pour les trois accusés, l’utilisation d’Avastin en lieu et place de Lucentis représentait en effet un manque à gagner très important au regard de la différente de coût de ces deux traitements. Ainsi, Novartis devra verser 382 millions d’euros, Roche et Genentech devront quant à eux verser près de 60 millions d’euros.