Nouvelle baisse du prix du pétrole sur fond de saturation des stocks

  •   Le 21/04/2020 à 10h20
  •   DEHOUI Lionel

Les différents marchés financiers ne sont pas encore prêts pour se remettre du coup de massue donné par le Covid-19. Le marché pétrolier qui continue sa descente dans le rouge ce lundi n’en est qu’un exemple. D’ailleurs, il enregistre sa plus petite valeur depuis 1998 avec le baril américain à 11,04 dollars, soit une baisse de 39,57 %. À voir de près, depuis 1983 où Bloomberg enregistre les données, c’est la plus forte baisse journalière.

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Nouvelle baisse du prix du pétrole sur fond de saturation des stocks
Droit image : anax44 - Flickr

Un autre coup de massue

Par ailleurs, cette chute a bien des explications. La première cause reste l’expiration (ce mardi) des contrats dont la livraison devrait se dérouler en mai. Ce n’est pas le seul vent contraire que le marché pétrolier doit affronter. Parallèlement, il subit aussi l’effondrement de la demande mondiale à cause des conditions de confinement en vigueur dans les États. Aujourd’hui, la consommation pétrolière a connu une chute estimée à 20 millions de barils par jour.

Information : Il faut rappeler que certaines estimations pessimistes affirment qu’il s’agit d’une baisse de 30 millions de barils par jour. Ces chiffres sont annoncés en sachant que la consommation du pétrole par jour était d’environ 100 millions de barils avant la crise sanitaire.

Les acteurs de ce secteur savent à l’unanimité que les capacités de stockage sont quasi saturées. Le secteur est en surproduction exponentielle et tous les tankers ou pipelines en mer servent pour stocker l’or noir. C’est dire que l’effondrement de la demande mondiale n’est pas la seule cause de la chute. Logiquement, les locations de navires ont progressé de 30 000 dollars à plus de 150 000 dollars par jour. Certains chiffres résument assez bien la situation.

Ceux annoncés par l’administration américaine des informations sur l’énergie sont plus expressifs. Selon elle, les réserves de brut américaines ont progressé de 19,25 millions de barils la semaine écoulée. La saturation est presque atteinte dans le géant hub à Cushing (Oklahoma) avec une réserve de 55 millions de barils sur les 76 millions possibles. Selon les données de Bloomberg, certains producteurs texans vendent le baril à 2 dollars en outre-Atlantique en raison de la saturation.

 

Une situation similaire déjà vécue

C’est vrai que la baisse enregistrée ce lundi est inédite. Mais l’atmosphère du secteur pétrolier est semblable à sa situation durant l’explosion de la production dans les années 2010 marquées par la révolution du schiste. En effet, les cours du pétrole s’étaient établis à des prix suffisamment bas. La vitesse de remplissage des réserves était grande, car il y avait interdiction d’exportation du pétrole dans le secteur.

Des ventes dérisoires se faisaient par les producteurs afin de sauver leurs différents puits. Il faisait ces opérations coûteuses, car la fermeture des puits menaçait chaque jour. C’est la même situation aujourd’hui avec plus de 66 puits de forage déjà en moins depuis la semaine dernière, un décompte effectué tout récemment par Baker Hughes. Ce chiffre représente ainsi la plus haute baisse jamais enregistrée depuis 2015 sur une semaine.

Information : L’écart entre la référence européenne Brent et le WTI américain est estimé à 14,5 dollars ce lundi. C’est une valeur en hausse dont la cause vient des tensions sur la gestion du stockage aux États-Unis. Elle est la plus haute depuis 2014.