Lufthansa envisage de supprimer 22 000 postes dans le monde

  •   Le 12/06/2020 à 12h55
  •   HARMANT Adeline

Les compagnies aériennes sont particulièrement impactées par l’épidémie de coronavirus et le groupe Lufthansa en fait notamment les frais et se retrouve obligé de réduire son activité sur le long terme. Aussi, cette compagne a annoncé qu’elle allait supprimer 22 000 postes dans le monde, ce qui représente près de 16% de son effectif.

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Lufthansa envisage de supprimer 22 000 postes dans le monde
Droit image : LV Aircraft Photography

Les déclarations de Lufthansa à propos de cette annonce :

Le groupe Lufthansa a ainsi annoncé ce vendredi : « Nous allons avoir 22 000 postes équivalent temps plein en moins au sein du groupe Lufthansa, dont la moitié en Allemagne. »

Le groupe a cependant dit vouloir éviter dans la mesure du possible des licenciements secs avec certaines mesures comme le chômage partiel et la mise en place d’accords avec les syndicats. Cette décision intervient alors qu’en début de ce mois de juin, l’estimation du nombre de postes en trop était de 10 000. C’est donc face à la reprise très lente de la demande du trafic aérien que cette estimation a été revue à la hausse. Notons que la compagnie va également supprimer une centaine de ses appareils.

Au moment du pic de la pandémie, seuls 3% des sièges de Lufthansa étaient occupés et 700 avions sont restés au sol. La chute du nombre de passagers est ainsi de 98% sur un an et les pertes atteignent pour ce groupe plus de 2.1 milliards d’euros pour le premier trimestre 2020.

 

Une annonce qui fait du bruit en Allemagne :

Une véritable polémique est née de cette annonce qui suit cependant le plan de restructuration exposé début juin par Lufhtansa.  Rappelons en effet que face à son risque de faillite, l’Etat allemand lui avait précédemment versé une aide publique de 9 milliards d’euros et que le groupe avait bénéficié de crédits garantis par l’Etat en échange d’une entrée au capital de 20% de celui-ci qui devient d’ailleurs le premier actionnaire du groupe mais qui a renoncé à son droit d’intervention dans la gestion de l’entreprise.

Ce sont ces aides qui ont fait polémique puisque suite à l’annonce de Lufthansa concernant la suppression de ces postes, l’Etat allemand est accusé de cofinancer les coupes dans les effectifs. Le chef du parti Die Linke de la gauche radicale, Bernd Riexinger a ainsi déclaré sur Twitter : « Neuf milliards d’euros pour une entreprise qui en vaut 4 milliards (en Bourse), tout en renonçant à avoir son mot à dire sur les décisions prises : lorsque Lufthansa annonce supprimer 22 000 postes, le gouvernement fédéral est responsable ! »

De son côté, Michael Niggeman, le responsable des ressources humaines au conseil exécutif du groupe a déclaré que « Sans une réduction significative des coûts de personnels pendant la crise, nous gâcherons la possibilité d’un meilleur redémarrage, et risquons d’affaiblir Lufthansa . »

Notons que dans les mois à venir, le groupe va monter en puissance avec la relance de certaines liaisons aériennes mais que son offre de siège n’excèdera pas 40% de ce qui était prévu avant la crise au mois de septembre.