La City de Londres ne conçoit pas l’idée d’un Brexit « no deal »

  •   Le 15/12/2020 à 11h26
  •   DEHOUI Lionel

En Angleterre, le secteur financier voit mal une fin de Brexit sans accord. Étant l’hypothèse qui gagne actuellement plus de terrain, cela risque d’avoir des perturbations sur les activités. Ainsi, les banques pourraient perdre des clients et de l’influence dans des segments clés. Les marchés pourraient également connaître des difficultés.

La City de Londres ne conçoit pas l’idée d’un Brexit « no deal »

Le Royaume-Uni prêt pour l’après-Brexit, mais des perturbations en vue

La Banque d’Angleterre a indiqué qu’une bonne partie des risques a été contenue en vue de la fin de la période de transition post-Brexit, ceci, après 4 années de préparatifs. Ainsi, des dispositions ont été prises pour bien traverser cette période.

Cependant, la banque pense en même temps qu’un « no deal » ne serait pas la meilleure décision. Cette dernière pourrait en effet conduire à une perturbation des services financiers et provoquer une volatilité des marchés.

Si un « no deal » venait éventuellement à être prononcé, la banque Morgan Stanley estime que l’indice boursier FTSE-250 pourrait baisser de 6 à 10 %. Quant aux actions bancaires, elles pourraient connaître une chute de 10 % à 20 %. Il faut souligner que celles-ci étaient déjà en difficultés depuis quelque temps à cause de la crise sanitaire.

Par ailleurs, dès le premier janvier, la City va perdre son « passeport européen ». Il s’agit d’un dispositif qui lui permet de mener des opérations de vente de produits et services dans l’Union européenne, depuis le Royaume-Uni.

 

Les inquiétudes de la City de Londres

La City de Londres a manifesté son inquiétude à propos de la négociation d’un régime d’équivalences. Il s’agit d’un régime dans lequel les parties s’entendent pour maintenir de bons rapports concernant certains services.

À ce propos, Sarah Hall, du centre de réflexion The UK in a Changing Europe, a déclaré que les relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni sont déjà très acrimonieuses. Ce qui risque d’affecter la possibilité de parvenir à un régime d’équivalences.

D’ailleurs, des banques européennes ont déjà commencé par fermer les comptes de certains de leurs clients britanniques qui sont installés dans l’UE. Pour l’instant, ces faits ont juste pris en compte quelques dizaines de milliers de personnes, mais ce nombre pourrait s’agrandir.

En outre, il y a de fortes chances que le marché des dérivés soit particulièrement touché. Ce vendredi, la Banque d’Angleterre avait indiqué que des sociétés de l’Union européenne pourraient se retrouver dans l’incapacité de faire des transactions avec Londres, et inversement. Cette situation est justifiée par la directive de Bruxelles sur les dérivés obligataires.

 

Londres en difficulté

À l’heure actuelle, plusieurs institutions financières britanniques ont transféré une partie de leurs bureaux et équipes dans l’Union européenne. Elles se sont installées dans les villes comme Paris, Amsterdam ou Francfort, dans le but d’y transférer une partie de leurs prestations. Selon le cabinet EY, les personnes délocalisées à cet effet sont d’environ 7 500.

Cependant, s’il arrivait que les négociations entre Londres et Bruxelles s’achèvent sur un « no-deal », ces filiales britanniques connaîtront des difficultés au sein de l’UE. En effet, Bruxelles pourrait leur exiger plus de personnel et de capitaux propres avant d’obtenir une licence d’activité.

De plus, il peut y avoir des complications en ce qui concerne les transferts de données personnelles. En fait, la validation des normes de protections des données britanniques par la Commission européenne est toujours en attente.