L’Europe fait face à la menace d’une pénurie de pétrole et la production « baisse de manière irréversible »

  •   Le 10/06/2021 à 12h51
  •   DEHOUI Lionel

Un rapport publié le 26 mai par le groupe de réflexion The Shift Project a annoncé que la production de pétrole des 16 pays fournisseurs de l’UE a « irréversiblement diminué ». Par rapport au record de 2019, la chute devrait atteindre environ 12 % en 2030.

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L’Europe fait face à la menace d’une pénurie de pétrole et la production « baisse de manière irréversible »

L’Europe se retrouve le dos au mur

En réalité, découvrir de nouvelles zones d’extraction de l’or noir ne peut pas compenser l’impact de la baisse de production. Dans le même temps, l’Europe est confrontée au défi d’une forte augmentation de la demande des pays à forte croissance. D’ici 2050, la production des 16 pays étudiés baissera de 50 % par rapport au pic de la décennie 2010-2020.

Baisser l’utilisation de l’or noir est certes indispensable dans la lutte contre le réchauffement climatique. Mais l’autosuffisance pétrolière est également nécessaire, car les ressources non renouvelables s’épuisent.

Dans une étude commandée par les forces armées, le projet Shift a annoncé que la production de pétrole brut va atteindre « un déclin irréversible à partir des années 2030 » dans 16 pays. Parmi ces pays qui fournissent 95 % des ressources de l’UE, on compte la Russie, l’Arabie saoudite, l’Iran ou les États-Unis. D’après les chiffres actuels, il s’avère que la production est inférieure de 12 % au record de 2019.

 

Les réserves s’épuisent

Par rapport au pic décennal de 2010-2020, cette baisse pourrait atteindre 50 % d’ici 30 ans. Pour présenter ce rapport, le groupe de réflexion s’est appuyé sur des hypothèses de prix du pétrole brut établies par Rystad. C’est une société de recherche énergétique indépendante qui étudie les ressources et les réserves de l’industrie pétrolière par pays et par gisement, hors gaz de schiste.

En effet, à partir des années 2030, il ne semble pas y avoir de potentiel de développement qui puisse empêcher le déclin de la production totale de pétrole brut. Dans les pays étudiés, environ 70 % des réserves totales de pétrole brut qui ont été extraits ont déjà été consommés.

Par conséquent, il est difficile d’imaginer que des réserves suffisantes puissent être reconstituées pour répondre à la demande. Les données montrent que la découverte de nouveaux gisements de pétrole dans tous les pays est en baisse et qu’avec le temps, leur taille a tendance à diminuer. Ceci, à tel point que les compagnies pétrolières sont désormais contraintes de se tourner vers des sites très reculés.

 

L’Europe a encore une chance de se sauver

Les faibles découvertes au cours des 20 dernières années ont conduit à la fouille d’anciens patrimoines pétroliers. Parfois, il s’agit des sites découverts avant 1980, mais non valorisés en raison de trop de restrictions, souligne Matthieu Auzanneau, directeur du projet Shift.

Par ailleurs, la demande européenne de pétrole pourrait ne pas chuter aussi rapidement que la force de diminution de la production. De plus, la région sera confrontée à la concurrence des pays à croissance rapide tels que la Chine et l’Inde. En conséquence, le sevrage de l’Europe sera encore plus brutal.

Le 28 mai, le groupe TotalEnergies a présenté sa stratégie de développement durable. À cette occasion, le PDG Patrick Pouyanné a défendu la nécessité de poursuivre la recherche de pétrole.