Facebook : Des autorités américaines veulent le forcer à revendre Instagram et WhatsApp

  •   Le 11/12/2020 à 11h13
  •   DEHOUI Lionel

Ce mercredi, plusieurs autorités étasuniennes ont accusé Facebook de faire usage de son influence économique et de sa position dominante pour étouffer la concurrence. Celles-ci ont alors demandé à la justice américaine de contraindre ce réseau social à se débarrasser d’Instagram et de WhatsApp.

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Facebook : Des autorités américaines veulent le forcer à revendre Instagram et WhatsApp
Droit image : Book Catalog

Les raisons qui justifient la demande des plaignants

En effet, il est reproché à Facebook d’utiliser des pratiques anticoncurrentielles qui ne profitent pas aux utilisateurs. Non seulement leur éventail de choix est réduit, mais la protection de leurs données privées est également menacée. Aussi, il lui est reproché le fait de ne pas donner assez d’alternatives aux annonceurs de publicité.

Deux plaintes distinctes ont ainsi été déposées contre le réseau social créé par Marc Zuckerberg. Les plaignants sont notamment les procureurs qui représentent les 48 États et territoires des États-Unis, ainsi que la Commission de la concurrence américaine (FTC).

Par ailleurs, ceux-ci n’approuvent pas le rachat des applications Instagram et WhatsApp par Facebook. De même, ils s’opposent également aux conditions que le géant des réseaux sociaux impose aux développeurs de logiciels. En conséquence, la FTC a demandé à la justice américaine de forcer le groupe à céder lesdites applications.

 

Les procureurs américains révoltés contre Facebook

D’après la demande faite à la justice par la FTC, les procureurs ont demandé à être informés de tout achat dont le montant serait supérieur à 10 millions de dollars. Ils demandent aussi à la justice de forcer Facebook à revendre d’autres activités et filiales.

Letitia James, procureure générale de l’État de New York, a justifié les actes du réseau social lors d’une conférence de presse. Selon ses explications, Facebook aurait utilisé les vastes ressources de données et d’argent dont il dispose pour écraser tout ce qu’il considérait comme menaces potentielles.

En agissant ainsi, Facebook étouffe l’innovation, selon madame la procureure. Elle estime également que l’entreprise porte atteinte à la vie privée de millions d’Américains et réduit les choix des consommateurs. D’après Mme James, Facebook espionne ses utilisateurs lorsqu’ils se connectent chaque jour. Or, près de la moitié des citoyens américains sont actifs sur le réseau social. Ceux-ci sont donc surveillés au quotidien. Aussi, Facebook exploite leurs données privées.

 

Facebook a franchi la ligne rouge

Pour la procureure générale, aucune entité privée n’a le droit d’avoir un tel accès aux interactions sociales et aux informations personnelles des consommateurs sans contrôle. Cependant, il convient de rappeler que de pareilles accusations avaient été lancées contre Microsoft en 1990. Celui-ci a néanmoins pu résister, malgré les trois ans de procédures que le ministère de la Justice avait lancées contre lui.

En outre, les analystes de Baird estiment que la probabilité de voir les plaignants parvenir à faire plier la société créée par Marc Zuckerberg est faible. Selon eux, Facebook n’était pas dans une position de monopole lorsqu’il acquérait WhatsApp et Instagram. Et cela est encore loin d’être le cas aujourd’hui, étant donné qu’il fait face à une concurrence notable de la part d’autres réseaux sociaux de grand renom. Il s’agit notamment de YouTube, Twitter, Snapchat, TikTok, Triller, WeChat, Reddit ou Discord.

Ces analystes ont également ajouté que si WhatsApp et Instagram sont aujourd’hui aussi développés, c’est majoritairement grâce aux technologies que Facebook a développées pour les rendre plus célèbres.