La pression s’accélère sur la BCE concernant la valeur de l’euro/dollar

  •   Le 23/10/2020 à 13h39
  •   HARMANT Adeline

Alors que l’euro atteignant 1.20 dollars début septembre, la BCE avait déjà subi quelques avertissements. Mais elle va de nouveau devoir durcir son discours dans les semaines à venir puisque la monnaie unique, après être retombée à 1.16 dollars en septembre, repart à la hausse en octobre avec un plus haut atteint à 1.180 dollars ce mercredi 21 octobre, notamment à cause de l’affaiblissement du billet vert. En effet, les anticipations à moyen terme concernant l’inflation en zone euro sont récemment retombées à leur plus bas niveau depuis 3 mois, annonçant un probable retour à la hausse de l’euro. Or, cette tendance ne va pas aider à soutenir la compétitivité de la zone euro en proie à la deuxième vague de la pandémie de Covid-19 qui fait actuellement chuter les indices boursiers européens et entraine un léger écartement des spreads entre l’Italie et l’Allemagne sur les taux de référence à 10 ans.

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La pression s’accélère sur la BCE concernant la valeur de l’euro/dollar
Droit image : killerturnip - Flickr

Des signaux de ralentissement économique pris au sérieux :

La BCE se montre par ailleurs très attentive à ce qui se produit sur les marchés et tend à éviter que les conditions ne se dégradent au moment où plusieurs indicateurs de sentiment affichent des signaux de ralentissement économique en Europe avec notamment la chute de la confiance des consommateurs en Allemagne.

Il y a donc fort à parier que la BCE va durcir le ton dans les semaines à venir. Elle attendra cependant sûrement d’y voir un peu plus clair sur les négociations autour du Brexit, sur l’élection américaine ou sur les effets des nouvelles mesures de confinement de nombreux pays européens. Ainsi et au cours des derniers jours, plusieurs membres de la Banque Centrale Européenne ont pris la parole comme Christine Lararde qui a rappelé que la BCE n’avait pas épuisé toutes les possibilités de sa boite à outils, répondant ainsi aux propos tenus par Gabriel Makhlouf, le gouverneur de la banque centrale d’Irlande la semaine dernière et qui expliquait qu’aucune piste n’était écartée et que la BCE disposait d’une importante boite à outils, en ajoutant qu’il avait le sentiment que le Conseil des Gouverneurs allait devoir prendre de nouvelles décisions. Celui-ci a également indiqué qu’une baisse des taux ne devrait pas être l’instrument le plus approprié ici et laisse donc envisager une intensification du levier des achats actifs comme solution privilégiée.

 

L’évolution actuelle de l’euro face au dollar :

Du point de vue graphique, on constate ainsi que l’euro évolue toujours au-dessus de l’oblique long terme avec les sommets de 2008 et 2014 mais aussi au-dessus du niveau de Fibonacci 38.2%. Il va de soi que la BCE préférerait voir la monnaie unique retomber en-dessous de cette zone dans le but de stimuler davantage la trajectoire des prix et d’accompagner la reprise en zone euro, notamment en ce qui concerne le commerce extérieur alors même que la Chine montre des signes de stabilité de sa reprise.