Europe : redémarrage économique plus fort que prévu

  •   Le 24/06/2020 à 13h12
  •   DEHOUI Lionel

Alors que l’Asie, l’Amérique, l’Afrique et certains pays européens connaissent l’accroissement des cas de contamination, le redémarrage économique suit son cours en Europe. En effet, le déconfinement a entraîné un fort rebond de l’activité économique selon les données de l’institut Markit qui voit une amélioration de celle-ci en juin. Cette agréable situation fait suite à une spectaculaire chute du PIB dans la zone euro. La France s’illustre comme le pays le plus marqué par la reprise.

Europe : redémarrage économique plus fort que prévu

La zone euro vers une croissance

En effet, la réouverture du secteur économique privé en Europe a sifflé la fin du plongeon historique qu’a connu ce secteur pendant la crise sanitaire. Rappelons que cette baisse de l’activité économique avait été provoquée par les mesures de confinement adoptées pour empêcher la propagation du Covid-19. C’est à travers une note que l’IHS Markit a livré quelques chiffres sur l’état économique de l’Europe.

Selon le cabinet, la fin des mesures de confinement ainsi que leur allègement au sein des États de la zone euro ont eu un impact spécial. Ils sont à l’origine du fort ralentissement de la chute économique constatée en juin. L’amélioration de la conjoncture entamée depuis le mois de mai a ainsi continué selon la note du cabinet ce mardi. Rappelons-le, l’indice composite a connu un creux historique en avril (13,6) avant de rebondir en mai (31,9).

Remarque : En juin, l’indice composite a atteint 47,5 dans son élan de rebond. Ce qui est nettement supérieur aux prévisions.

 

Quelques analyses

Le cabinet a notifié que l’activité à l’intérieur de la zone euro est tout de même restée en contraction durant le mois de juin. Ce rebond de l’indice PMI qui est tout proche de la barre des 50 et qui sépare la récession de l’expansion n’est donc pas encore à son niveau post-pandémique. Toutefois, cette évolution témoigne du regain de confiance qui règne dans l’ensemble de la région.

Selon l’économiste en chef de l’IHS Markit, Chris Williamson, la production ainsi que la demande ne s’écroulent pas, même si elles continuent de baisser. En plus, le PIB a chuté à une vitesse sans précédent au deuxième trimestre. Mais la progression de l’indice PMI a renforcé les attentes qui stipulent que le déconfinement permettra d’arrêter la récession à l’approche de l’été. C’est sous cet angle que Chris voit l’économie de la zone euro toujours en difficulté.

Information : Jessica Hinds (économiste chez Capital Economics) a confirmé que le résultat du PIB sera moins catastrophique que prévu, même si les indicateurs disent autre chose. Selon ces derniers, le résultat du PIB sera désastreux au deuxième trimestre (T2). Par ailleurs, Holger Schmieding de la banque Berenberg se montre plus optimiste en soulignant que la reprise est déjà effective en mai, car durant les deux mois précédents, l’activité a connu un ralentissement sans précédent.

 

La France s’en sort mieux que l’Allemagne

L’institut Markit affirme que la France serait en croissance en juin. Il voit l’indice composite informant sur les services et la production atteindre 51,3%. Ce qui dépasse toutes les prévisions. La rapidité relative du déconfinement serait à l’origine de cette croissance selon les analystes. Par contre, l’activité allemande reste en contraction avec son indice à 45,8.

La fin de la récession est donc plus progressive en Allemagne en raison des doutes liés au coronavirus qui continuent de peser sur la demande. Pour le cabinet Markit, l’activité dans les usines et les services a pu franchir le pire, même si elle ne tourne pas encore à plein régime. La comparaison entre la France et l’Allemagne est bien flatteuse pour l’Hexagone. Ce qui ne devrait pas avoir lieu selon Nicola Nobile (Oxford Economics).