Des dizaines d’entreprises chinoises dans la liste noire des États-Unis

  •   Le 20/12/2020 à 10h52
  •   DEHOUI Lionel

Ce vendredi, les États-Unis ont ajouté une multitude d’entreprises chinoises à leur liste noire. C’est le cas de SMIC, un géant dans le domaine de la fabrication de puces, ainsi que SZ DJI Technology, un fabricant de drones.

Des dizaines d’entreprises chinoises dans la liste noire des États-Unis
Droit image : Shinya Suzuki - Flickr

La Chine invite les États-Unis à cesser leur comportement erroné

À quelques semaines de l’investiture de Joe Biden, l’administration Trump a décidé de faire un baroud d’honneur dans sa guerre commerciale avec la Chine. Dans la liste publiée, le département américain a ciblé 77 entreprises au total, dont soixante sont chinoises. Plus tôt, Reuters avait annoncé qu’il s’agissait environ de 80 sociétés, dont la majorité est chinoise.

Selon les précisions apportées par le département du Commerce, le groupe SMIC figure sur ladite liste à cause de la politique chinoise de fusion militaro-civile (MCF). Aussi, le département aurait des preuves sur d’éventuelles interactions entre celui-ci et des entités préoccupantes du secteur militaro-industriel chinois.

Par ailleurs, plusieurs autres grandes firmes figurent également sur la liste. Entre autres, on peut mentionner DJI qui est le premier fabricant mondial de drones. En dehors de lui, des sociétés comme AGCU Scientech, Kuang-Chi Group et China National Scientific Instruments and Materials, ont été aussi placées sur la liste noire des États-Unis.

En effet, les Américains leur reprochent d’avoir été complices de violations des droits de l’homme en Chine. Lesdites sociétés auraient participé à ces infractions à travers une collecte et analyse génétiques abusives ou une surveillance de haute technologie.

 

Une liste qui vient compléter celle de 275 entreprises existantes

Après la publication de cette nouvelle liste, la Chine a décidé de réagir. Le ministère des Affaires étrangères chinois a notamment demandé aux États-Unis de cesser d’avoir des comportements erronés et non justifiés vis-à-vis des sociétés étrangères.

En effet, l’administration Trump a souvent fait usage de ladite liste pour s’en prendre aux compagnies chinoises stratégiques. Rappelons que 275 d’entre elles étaient déjà ciblées par Washington, avant que 77 nouvelles entreprises n’y soient ajoutées cette semaine.

Parmi les sociétés qui y figuraient déjà, il y a ZTE Corp. On retrouve également le grand leader des télécoms Huawei Technologies Co ainsi que 150 de ses filiales. Le fabricant de caméras de surveillance Hikvision n’a pas également été épargné. Washington lui reproche notamment d’avoir été complice de répression contre la minorité Ouïgoure en Chine.

 

Les États-Unis refusent de prendre « un risque inacceptable »

En septembre dernier, le département américain du Commerce avait exigé aux fournisseurs de SMIC de ne plus lui vendre certains équipements sans une licence d’exportation sur les produits. Selon lui, il existe un « risque inacceptable » que le groupe utilise ces équipements à des fins militaires.

Allant dans le même sens, le ministère de la Défense des États-Unis avait aussi intégré SMIC dans une liste noire de sociétés liées à l’armée chinoise ou contrôlées par elle. Comme sanction, ledit ministère a interdit aux investisseurs d’acheter les titres des entreprises qui figurent sur cette liste, dès la fin de l’année prochaine.

Cependant, le groupe a nié à plusieurs reprises ces accusations. Ainsi, il indique n’avoir aucun lien avec l’armée chinoise.