Crédit Suisse : réduction des primes des dirigeants de 40%

  •   Le 05/02/2021 à 05h54
  •   DEHOUI Lionel

La direction de Crédit Suisse a décidé de céder aux demandes faites par trois importants conseils aux actionnaires. Ceux-ci réclamaient en effet que la prime des dirigeants de la deuxième banque suisse soit diminuée de 40%.

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Crédit Suisse : réduction des primes des dirigeants de 40%
Droit image : eflon - Flickr

Le management se montre collaboratif et évite une fronde en AG

Suite aux deux années de pertes essuyées par Crédit Suisse, le plan de rémunération de ses dirigeants commençait déjà par susciter des inquiétudes. Au nom du Say on pay préventif, des voix se levaient au sein des actionnaires avant la prochaine assemblée générale. Ceux-ci ont en quelque sorte contraint la direction à prendre en compte leurs critiques liées aux primes accordées aux dirigeants.

Sans plus trop tarder, en réponse à leur demande, le management de Crédit Suisse a préféré privilégier le dialogue. Plutôt que d’avoir à affronter une fronde au cours de la prochaine assemblée générale, il a décidé de réduire lui-même les primes du comité exécutif. 

À cet effet, la société a fait une déclaration ce vendredi, annonçant la décision qui a été prise. Il s’agit notamment de la réduction de l’ensemble des primes de la direction à hauteur de 40%. Celles du directeur général Franco-Ivoirien Tidjane Thiam seraient également réduites du même pourcentage.

À propos du principe du “Say on pay” contraignant

D’après Crédit Suisse, des retours positifs ont été enregistrés après les différents échanges entre la direction et les actionnaires. Ayant eu lieu avant la tenue de l’AG attendue pour le 28 avril 2021, ces discussions ont été bien menées par l’exécutif.

En effet, le rapport annuel avait prévu un certain montant pour les primes à la performance de court terme pour 2016 et à la performance de long terme pour 2017. La somme totale allouée à ces rémunérations variables est de 80 millions de francs suisses, soit 75 millions d’euros. Une décision que certains actionnaires ont jugé incompréhensible, suite à deux années de pertes accumulées par le groupe.

Le comble, c’est que bien avant l’hexagone, et les récents décrets d’application de la loi Sapin 2, la Suisse avait déjà mis en œuvre le principe du "say on pay" contraignant. Il s’agit d’un principe qui voudrait que l’avis des actionnaires sur les primes et salaires des dirigeants ne soit pas facultatif, mais obligatoire.

L’impact des cabinets de conseil en vote

Près de trois cabinets de conseils en vote influents avaient publiquement exprimé leur désaccord vis-à-vis de la rémunération des dirigeants. Il s’agit entre autres des cabinets tels que : Institutional Shareholder Services (ISS), Glass Lewis et la fondation suisse Ethos.

D’ailleurs, le 7 avril passé, la fondation suisse avait ouvertement déclaré qu’elle protestait contre les rémunérations du comité exécutif. Aussi, elle a également refusé le dividende que le conseil d’administration avait proposé. Pour Ethos, l’on ne pouvait pas se permettre une telle gabegie vu les mauvais résultats et les difficultés financières du groupe.

Pour la fondation suisse, il est inconcevable que la direction générale soit aussi bien rémunérée, pendant que le groupe essaie de se relever d’une chute de 2,5 milliards d’euros environ.