Chute historique des investissements dans le pétrole

  •   Le 08/06/2020 à 20h42
  •   HARMANT Adeline

A cause de la pandémie de coronavirus qui touche le monde depuis maintenant plusieurs mois, le marché pétrolier fait face à une crise majeure. Le pétrole Brent évolue en effet à un niveau historiquement bas qu’il n’avait plus atteint depuis une vingtaine d’années. On attend également une baisse des revenus liés aux hydrocarbures de plus de 40% en 2020 par rapport à l’année précédente. Ces conditions, couplées à une baisse drastique de la demande et à une baisse envisagée des dépenses des grandes entreprises, les investissements dans les énergies devraient chuter de 25% pour le seul premier trimestre 2020 à 410 milliards de dollars. Le groupe Total prévoit ainsi à lui seul une réduction de ses investissements de l’ordre de 25% cette année.

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Chute historique des investissements dans le pétrole
Droit image : ben klocek - Flickr

Des investissements en baisse et des conséquences importantes dans le secteur :

Ce sont ainsi les majors qui vont couper les premiers dans leurs dépenses dans le domaine de l’exploration, soit dans les projets permettant de découvrir de nouveaux gisements. Ces dépenses devraient en effet baisser de nouveau en 2020 à cause de la baisse des financements dédiés et des difficultés pratiques pour le déplacement du personnel et de l’équipement vers les zones concernées comme le signale l’AIE ou Agence Internationale de l’Energie dans un communiqué datant du mois de mai.

Cette baisse des investissements aura bien entendu des conséquences importantes dans le secteur. Ainsi et sur le court terme, les Etat dont l’économie dépend en grande partie des revenus liés aux hyrdocarbures devraient pâtir de cette situation puisque leurs budgets qui sont construits sur les recettes liées aux nouveaux forages et au prix du baril élevé ont été réévalués en urgence. On peut ici citer l’exemple du Gabon qui est un petit producteur d’Afrique et qui doit dire adieu aux revenus issus des forages récemment mis en production au large de ses côtes.

 

Plus de capacité de stockage :

Un autre phénomène qui va être instauré par cette baisse des investissements dans le secteur concerne la capacité des producteurs à alimenter le marché afin de répondre aux demandes en énergie toujours importantes. A ce sujet, l’Agence internationale de l’énergie indique : « Si les investissements restent aux niveaux de 2020 pour les cinq prochaines années, cela réduirait le niveau de l’offre prévu initialement en 2025 de près de 9 millions de barils par jour. »

On s’attend donc à un déséquilibre entre l’offre et la demande avec une production qui ne parviendrait pas à répondre aux besoins du marché. De plus et dans cette attente, la fermeture de certains puits de pétrole qui a été décidée par certains opérateurs pendant la crise sanitaire et en raison d’une baisse ou d’une saturation des capacités de stockage, devrait aussi peser dans la balance. Cela va en effet non seulement engendrer une baisse de la productivité mais le redémarrage de ces puits va demander un investissement conséquent. On note également qu’une fermeture définitive de ces champs anciens à la faible productivité avec des coûts d’exploitation important est plus que probable.