Campagne de vaccination contre le Covid 19 : les médecins et Ehpads dénoncent une improvisation dans le processus

  •   Le 09/01/2021 à 13h33
  •   DEHOUI Lionel

La campagne de vaccination contre le Covid 19 est lancée par l’État depuis un moment. Cependant, il a été adopté une nouvelle stratégie pour son élargircement en France. Aussi, l’État exerce une pression pour donner un coup d’accélération au processus dans les Ehpads. Ces démarches révèlent une improvisation qui pourrait engendrée de la déperdition. C’est notamment ce qui inquiète les médecins et certains directeurs d’Ehpad.

Campagne de vaccination contre le Covid 19 : les médecins et Ehpads dénoncent une improvisation dans le processus

Le gouvernement adopte une nouvelle stratégie de distribution du vaccin

Lancée depuis quelques jours, la campagne de vaccination contre le Covid-19 se poursuit en France. Dans ce cadre, le gouvernement a pris en début de semaine une décision relative au changement du mode de distribution du vaccin. Cette démarche vient répondre aux nombreuses critiques qui ont circulé pendant la période des fêtes à propos de ladite campagne.

En effet, celles-ci dénoncent une certaine lenteur de la campagne vaccinale en France par rapport à d’autres pays européens. Ainsi, les vaccins initialement prévus pour être administrés aux résidents des Ehpads ont été finalement mis à disposition des pompiers, du personnel hospitalier, etc.

Or, l’administration du vaccin à cette catégorie de la population devrait se faire dans un deuxième temps. Par ailleurs, le coup d’accélération émis par le gouvernement vient presser les établissements afin de recueillir plus rapidement que prévu les approbations de leurs résidents. Cela va également permettre de fournir la quantité de doses nécessaires pour les premières livraisons.

 

Réactions des médecins

Les médecins et les Ehpads n’ont pas manqué de réagir à la nouvelle stratégie mise en place par le gouvernement dans le cadre de la campagne de vaccination contre le coronavirus. Interrogé par Reuters, Didier Sapy, directeur de la FNAQPA (Fédération nationale d’établissements pour personnes âgées non lucratifs), estime que ce changement de méthode vient heurter un processus déjà en cours.

De leur côté, les Ehpads manifestent leurs inquiétudes de voir sur le terrain les vaccins disparaître au profit d’autres populations. Ils expriment ce sentiment alors que d’autres pays connaissent déjà une pénurie. C’est notamment le cas de l’Allemagne. Pour sa part, Louis Matias, directeur de la Maison Ferrari, stipule que ce changement de stratégie a occasionné une situation qui contraint les médecins à chercher de nouveaux repères.

Il poursuit en déclarant que certains Ehpads sentent une forte pression de la part de l’administration pour obtenir rapidement les consentements des résidents.

 

Une cacophonie se profile dans la campagne de vaccination

En plus des nombreuses dénonciations faites par les médecins à propos de l’improvisation de la campagne de vaccination, la situation pourrait se transformer en une cacophonie totale. Didier Sapy, s’est d’ailleurs exprimé en ces termes pour signaler la gravité de la situation.

« Vous avez un ministère qui balance une accélération du processus en urgence aux ARS, lesquelles demandent en urgence aux établissements le nombre de vaccins nécessaires et disent : “les doses seront livrées tel jour”. C’est la panique. Tout ça pour gagner quatre jours », se désole-t-il.

Toutefois, certains établissements, à l’instar de la Maison Ferrari, sont prêts à avoir à leur disposition les doses. Malheureusement, ils ne disposent d’aucune information relative à la date de livraison du précieux vaccin. De plus, une inquiétude se profile à l’horizon. Il s’agit du potentiel manque de vaccins qui pourrait survenir, dès que les Ehpads auront fini de recueillir le consentement de leurs résidents et de faire les consultations pré-vaccinales.