Brexit : L’UE demande à Barnier de ne pas se précipiter pour accepter un mauvais accord

  •   Le 06/12/2020 à 10h37
  •   DEHOUI Lionel

Michel Barnier a annoncé aux ambassadeurs des "Vingt-Sept" pays membres de l’UE que les négociations avec Londres concernant l’après-Brexit arrivaient à une étape décisive. Cependant, ceux-ci lui ont recommandé de ne pas se précipiter pour conclure un accord, malgré l’échéance des discussions qui s’approche à grands pas.

Brexit : L’UE demande à Barnier de ne pas se précipiter pour accepter un mauvais accord

La possibilité de parvenir à un accord demeure de plus en plus faible

Michel Barnier est le négociateur en chef des Européens sur le Brexit. Dans le cadre d’un briefing à hui clos à Bruxelles, il a indiqué qu’il y a toujours des divergences concernant les trois dossiers les plus importants de la négociation. Il s’agit notamment du mécanisme de règlement des litiges, des droits de pêche, ainsi que les règles d’une concurrence équitable.

Selon certains diplomates, Barnier ne semble ni optimiste ni pessimiste sur le sujet. Celui-ci aurait affirmé que les prochains jours des discussions seront les plus décisifs. Mais il n’a pas donné une idée sur une date butoir des négociations avec le Royaume-Uni. Pour un haut diplomate de l’Union européenne qui a participé aux discussions, "L’accord est toujours dans la balance".

 

Les tenants de l’accord d’après Brexit

Après la sortie officielle de Londres de l’Union européenne, une période de transition qui s’achève le 31 décembre avait été initiée. Afin de ne pas permettre un retrait désordonné, l’Union européenne a décidé de passer un accord avec la Grande-Bretagne au plus tard le 1er janvier 2021. C’est à partir de cette date que les règles de l’Union européenne pour les marchés intérieurs ne s’appliqueront plus au Royaume-Uni.

Toutefois, au fur à mesure que la date butoir des négociations se rapproche, les possibilités d’un "no-deal" ne cessent également de croître. Pour un autre diplomate proche du dossier, plusieurs États souhaiteraient que les négociations se poursuivent au-delà de ce délai. Il ajoute que ceux-ci craignent en effet que les négociateurs se précipitent pour conclure un accord, à cause de la pression liée au calendrier.

 

Londres ne veut pas prolonger la période de transition

Selon les propos d’un responsable du gouvernement britannique, le Royaume-Uni n’est pas prêt à accepter de poursuivre la période de transition avec l’Union européenne. D’ailleurs, Londres a déjà écarté un tel scénario à plusieurs reprises.

Actuellement, les discussions se poursuivent à Londres de façon intensive. Pour un autre diplomate de l’Union européenne, la possibilité de combler le fossé qui existe entre les trois points majeurs des discussions est de moins en moins évidente. Il a aussi ajouté qu’en ce début de la dernière phase des discussions entre les deux parties, certains États membres de l’Union européenne semblent un peu nerveux.

En outre, cette négociation est comme un exercice visant à calmer les nerfs de Paris et consorts. Elle consiste également à rassurer les États membres sur le fait que l’équipe Barnier va continuer de défendre les principaux intérêts de l’UE, notamment la pêche.

En Irlande et en Grande-Bretagne, des médias ont commenté la semaine passée que l’Europe sera mouvementée ces derniers jours si une solution n’est pas trouvée au plus vite. Le Telegraph de son côté parle de "concessions européennes".