BNP Paribas modifie ses critères de financement pour sauver l’Amazonie

  •   Le 17/02/2021 à 14h44
  •   DEHOUI Lionel

BNP Paribas a annoncé qu'il va appliquer des sanctions à certains de ses collaborateurs. La banque française a décidé de ne plus coopérer avec des clients impliqués dans la production ou le commerce de bœuf et de soja, issus d'Amazonie, défrichées ou converties après 2008. L'annonce a été faite ce lundi par le groupe, à travers un communiqué.

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BNP Paribas modifie ses critères de financement pour sauver l’Amazonie
Droit image : Global Panorama - Flickr

Les mesures prises par BNP Paribas

Le message de la banque est clair : il n'est plus question d'accepter des clients qui ont des pratiques dommageables pour l’environnement. Selon les décisions prises par les responsables de la société, il n'y aura plus de possibilité de financement pour certains clients exerçant en Amazonie. Il s’agit principalement des entreprises faisant la production ou le commerce de bœuf et de soja issus de terres défrichées ou converties après 2008.

Aussi, BNP Paribas compte étendre cette règle dans le Cerrado, une  région du Brésil ayant des terres converties ou défrichées à partir de 2020. En agissant ainsi, le groupe vise un objectif précis. Il veut contraindre ses clients qui font le commerce du bœuf ou du soja issus de l'Amazonie et du Cerrado à opter pour le "zéro déforestation".

Ainsi, la société ne fournira plus de produits ou services financiers aux entreprises (producteurs, conditionneurs de viande et négociants). Les entités concernées sont notamment celles qui ne disposent pas de stratégie visant à atteindre zéro déforestation dans leurs chaînes de production et d'approvisionnement d'ici 2025 au plus tard.

 

Une décision diversement appréciée

Bien que louable, cette décision de BNP Paribas est perçue par certaines ONG comme tardive. Selon leurs explications, le phénomène que la banque condamne existe depuis longtemps.

Dans un communiqué rendu public, de nombreuses organisations de défense de l'environnement (Canopée Forêts Vivantes, Reclaim Finance, SumOfUs et Mighty Earth) ont salué cette mesure. Elles félicitent la banque pour cette politique qui intervient à un moment vraiment critique.

Cependant, elles soulignent un certain retard dans la mise en place d'une telle initiative. De plus, ces organisations attendent que BNP Paribas explique comment elle compte atteindre son objectif. Sans injonction ferme avec application immédiate, cette mesure est, selon Klervi Le Guenic (chargée de campagne à Canopée Forêts Vivantes), une manière de donner des années supplémentaires pour déforester impunément.

 

Des forêts menacés par la production de bœufs et de soja

Les cultures du soja et l'élevage de bœuf sont des phénomènes qui contribuent énormément à la déforestation. Très prisées, ces activités ne font qu'accroître la vulnérabilité de l'Amazonie. Certains scientifiques préviennent que la forêt amazonienne qui couvre neuf pays est désormais dans une spirale macabre au vu du rythme actuel des défrichements.

Selon les ONG précitées, le Cerrado est aujourd'hui l'un des écosystèmes les plus menacés de la planète. 50 % de sa superficie initiale a déjà été détruite. Une situation que de nombreux spécialistes associent à une production intensive dans le secteur de l'élevage. De même, la forte consommation de viande dans les pays développés est l'une des causes de ce phénomène.

En somme, la nouvelle décision du groupe BNP Paribas est salutaire. Cependant, comme l'ont insinué les ONG, il ne reste plus qu'à savoir s'il y aura encore des forêts à sauver en 2025.