Les rachats d’actions moins nombreux suite à la pandémie

  •   Le 16/06/2020 à 12h49
  •   HARMANT Adeline

Si nous avons pu assister, depuis quelques années, à une augmentation des offres de rachat d’actions par les entreprises, il semblerait que la crise du coronavirus vient de mettre fin à ce cycle, les entreprises ayant désormais besoin de lever des capitaux et privilégiant les émissions d’actions.

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Les rachats d’actions moins nombreux suite à la pandémie

La fin de la raréfaction des actions disponibles :

Depuis quelques mois, on assiste en effet à une véritable envolée des émissions d’actions alors que les années précédentes, les entreprises privilégiaient les rachats de titres, les fusions ou encore les retraits de la cote qui ont entrainé une raréfaction des titres et augmenté leurs valorisations.

La pression des autorités politiques provoque notamment ce détournement des sociétés des rachats d’actions qui visent à récompenser des actionnaires alors qu’elles perçoivent des aides publiques et envisagent des réduction d’effectifs.

Selon les prévisions des analystes, l’offre de titres devrait augmenter de 500 milliards de dollars alors que le rachat d’actions représentera à peine 450 milliards c’est-à-dire deux fois moins qu’en 2019. Rien qu’aux Etats-Unis, ces rachats d’actions devraient baisser de moitié et revenir à 370 milliards de dollars.

 

Les effets probables de cette inversion sur les marchés financiers :

Toujours selon l’avis des analystes, cette hausse de l’offre en actions devrait avoir un impact négatif sur les marchés et booster la volatilité étant donné que les entreprises vont arrêter de racheter leurs actions quand ces titres baisseront.

Mais cette hausse du nombre de titres sur le marché n’aura pas que des inconvénients si elle favorise une hausse de l’investissement de ces entreprises. En effet, les entreprises qui ne rachèteront plus leurs actions auront la possibilité de déployer leurs capitaux dans leurs chaines d’approvisionnement dans l’automatisation ou encore dans la recherche et développement. Mais il s’agit d’une conséquence à long terme de cette crise actuelle.

Notons également qu’en 2018, les dépenses en investissement des entreprises n’avaient gagné que 2% et que la part de liquidités des entreprises consacrée à ces investissements avait atteint un plus bas depuis une dizaine d’année avec des dividendes en hausse, des rachats d’actions et des acquisitions plus importantes également. Ainsi et si les rachats d’actions vont sans aucun doute peser dans la balance, les marchés d’actions pourront bénéficier d’autres soutiens puisque les entreprises seront moins gourmandes en capitaux qu’auparavant et ne nécessiteront plus de levées massives de fonds. On peut aussi souligner le fait que les actions en bourse vont sans doute profiter d’une prime de risque persistante et supérieure à sa moyenne sur le long terme.

Bien entendu, nous n’allons pas assister à une disparition des opérations de rachats de titres mais les entreprises qui continuent à les faire seront davantage analysées par les investisseurs. Ces derniers vont en effet rechercher des entreprises qui financent leurs dividendes par le biais des bénéfices et non par le biais de la dette et beaucoup d’entreprises vont devoir pour cela réduire leur niveau d’endettement avant de pouvoir le faire en reconstruisant leur bilan.