Pourquoi l’action Renault chute actuellement ?

  •   Le 24/01/2020 à 11h03
  •   HARMANT Adeline

Depuis maintenant quelques mois, le cours de l’action du constructeur automobile français Renault évolue à la baisse et continue de perdre des points, pénalisée par une actualité marquante et l’accumulation de plusieurs mauvaises nouvelles. Retrouvez ici nos explications quant à cette baisse ainsi que nos recommandations pour vos prises de position futures.

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Pourquoi l’action Renault chute actuellement ?
Droit image : Ivan Radic - Flickr

Les actualités qui ont pénalisé le cours de l’action Renault :

Tout d’abord, on retiendra que le cours de l’action Renault a été influencé à la baisse par une actualité plutôt négative ces derniers temps. On notera notamment l’impact forte de l’arrestation de Carlos Ghosn par les autorités japonaises ainsi que sa réapparition récente au Liban mais aussi la tentative de fusion du groupe avec Fiat Chrysler qui a échoué. Ces deux actualités majeures ont en effet rendu le titre moins intéressant pour les traders malgré des ventes intéressantes.

Parmi les éléments les plus impactants, on retiendra ainsi par exemple les propos tenus par l’ancien président de l’alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, suite à son évasion du Japon. Celui-ci a ainsi mis en lumière les mauvaises décisions prises par le groupe en son absence.

 

Ventes de véhicule en stagnation et valorisation faible :

Toujours en ce qui concerne les explications avancées par Carlos Ghosn concernant l’action Renault, on retiendra aussi un volume de ventes de véhicules en baisse pour 2019 avec -3.4%, et ce, après une hausse de 6 années consécutives. Cette baisse intervient cependant dans le cadre d’un ralentissement général du marché automobile qui atteint 4.8% ce qui signifie que Renault ne s’en tire pas si mal que ça.

D’autre part, on remarque que le cours de l’action Renault a subi une dégradation de près de 39% depuis l’arrestation de Carlos Ghosn, passant de 64.63 euros en novembre 2018 à 39.28 euros en janvier 2020.

Sur l’année écoulée, le titre Renault a connu des performances inférieures à celle de l’Euro Stoxx Auto qui est l’indice de référence du secteur automobile en Europe. Mais il faut toutefois relativiser les raisons de cette baisse qui ne concernent pas que l’affaire Carlos Ghosn. En effet, on remarque que cette action connait une tendance de fond baissière depuis l’atteinte de son pic historique d’avril 2018 à près de 99 euros et alors que le PDG était encore en fonction.

 

Les autres facteurs qui ont entrainé la baisse de cette valeur :

En plus des données que nous venons de vous expliquer, il est important aussi de tenir compte des facteurs extérieurs qui ont influencé de manière plus générale les constructeurs automobiles en 2019. Cela concerne notamment la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis mais aussi un repli du marché chinois, les risques d’un Brexit dur ou encore le durcissement des normes environnementales.

Si le cours de cette valeur a de grandes chances de continuer sa baisse à moyen terme, une vague d’achats à bas prix reste possible.

 

Un signal positif est-il encore possible ?

Dans l’attente de la nomination de Luca de Meo, ancien patron de Seat, en remplacement de Carlos Ghosn, le groupe Renault évolue sans pilote opérationnel et ses relations avec Nissan sont loin d’être au beau fixe. Le bilan même de Carlos Ghosn est remis en cause et l’entreprise a échoué dans sa tentative de rapprochement avec Fiat Chrysler qui lui a préféré le groupe PSA. Il est donc normal que les investisseurs se montrent aujourd’hui réticents à acheter cette valeur.

Dans ce contexte, les analystes révisent à la baisse leurs attentes de résultats à moyen terme à cause à la fois du manque de nouveauté et du coût important de la mise en conformité CO2. Aucun cash flow libre positif n’est ainsi attendu avant 2023.

Mais certains analystes ne passent pas vraiment en négatif sur cette valeur mais réduisent simplement leur objectif en maintenant un avis neutre. Ces derniers misent sur une tenue de l’alliance avec Nissan et pensent que le scénario actuel est trop pessimiste. On notera toutefois qu’en l’absence de catalyseur positif et à partir du moment où le futur CEO du groupe ne sera pas autorisé à communiquer à propos d’un plan stratégique avant l’été prochain, il est préférable de rester à l’écart de ce titre pour le moment.

Nous vous conseillons donc de ne pas prendre de position ni haussière ni baissière sur cette valeur tant qu’aucun autre élément n’est disponible en ce qui concerne les possibilités de rebond de l’entreprise et de son titre boursier ou quant à une poursuite du scénario actuel.