Conflit entre AstraZeneca et l’Union Européenne

  •   Le 28/01/2021 à 13h54
  •   HARMANT Adeline

Le ton monte du côté de l’Union Européenne qui demande à AstraZeneca de tenir ses engagements et accuse les usines britanniques de tourner à plein rendement au seul profit du Royaume-Uni. Or, selon la commission européenne, ces usines doivent également fournir les doses prévues à l’Union Européenne.

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Conflit entre AstraZeneca et l’Union Européenne
Droit image : Gwan Kho - Flickr

Une question de délai selon AstraZeneca :

En réponse à cette attaque, le PDG d’AstraZeneca a répondu que le contrat britannique avait été signé trois mois plus tôt que celui de l’Union Européenne. Dans l’accord signé avec l’UE, il est précisé que les sites de fabrication britanniques sont une option pour l’Europe mais plus tard. Celui-ci précise cependant que la production va bon train et que dès que le nombre suffisant de vaccinations aura été atteint dans le pays, les usines pourront produire pour l’Europe.

La commissaire européenne Stella Kyriakides dément cette affirmation et demande que le contrat soit rendu public, précisant que la clause de confidentialité lie les deux parties ce qui implique que le laboratoire donne son accord. Elle indique également qu’AstraZeneca a aussi été choisi pour sa capacité de production de son vaccin avec une obligation de résultat.

Elle explique ainsi que l’Europe a dépensé de l’argent pour aider le laboratoire à renforcer sa capacité de production à hauteur de 336 millions d’euros avec des versements par tranche. Lors de la signature du contrat qui a eu lieu en octobre dernier, AstraZeneca n’a pas mentionné de problème de production. Or, ce contrat prévoit de suspendre les paiements en cas de rupture des obligations mais il n’en est pas question pour le moment. Une réunion doit se tenir mercredi prochain entre les dirigeants d’AstraZeneca et le groupe de suivi des Etats Membres pour sortir de la crise.

 

Une demande de transparence de la part du laboratoire :

La commissaire européenne demande ainsi de la transparence au laboratoire britannique par rapport à la situation et afin de pouvoir aller de l’avant et résoudre ce problème dans l’intérêt de tous les citoyens et pas uniquement les européens.

Les usines belges et néerlandaises considérées comme défaillantes pourraient faire l’objet d’audits par les autorités nationales.

 

Un problème politique ?

S’il s’avère que le gouvernement britannique a bien signé une clause de livraison prioritaire du vaccin, nous pourrions voir apparaitre un problème d’ordre politique entre le Royaume Uni et l’Union Européenne.

Boris Johnson n’acceptera en effet pas facilement de partager avec l’UE qu’il vient de quitter justement dans le but de bénéficier de ce type d’avantages. Rappelons en effet que le Royaume-Uni a participé à la coordination européenne pour l’achat des masques mais a décidé de jouer seul pour les vaccins. Cependant et lorsque le vaccin AstraZeneca a été rendu disponible, le pays était encore dans le marché unique. Boris Johnson a pris davantage de risques en n’attendant pas l’homologation du vaccin par l’Agence Européenne du Médicament et a enclenché une procédure d’urgence légale pour éviter les lenteurs. Force est de constater que cette stratégie était la bonne puisque le pays est en tête des vaccinations en Europe.