Le gouvernement chinois signe un accord avec Ant Group

  •   Le 03/02/2021 à 10h13
  •   HARMANT Adeline

Le gouvernement chinois vient de se décider quant à une restructuration de la société Ant Group dont elle avait précédemment annulé l’introduction en Bourse et à qui il avait demandé un remodelage de ses activités. Or, d’après le Wall Street Journal, cela sera bientôt fait car de hauts responsables chinois auraient demandé à cette filiale d’Alibaba de se transformer en holding.

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Le gouvernement chinois signe un accord avec Ant Group
Droit image : Daniel Cukier

Pourquoi ce choix dans la restructuration d’Ant Group ?

Ce choix d’une holding est dû en grande partie au cadre légal qui entoure ce type de société financière avec un encadrement plus strict de l’actionnariat, de la gestion des financements et de l’entreprise de manière générale. Ce cadre oblige également des investissements dans les filiales financières.

Cette holding devrait être supervisée par la BPOC qui est la banque centrale chinoise. Le gouvernement pourra ainsi surveiller et contrôler cette société.

C’est donc après plusieurs mois de problèmes que la fintech a finalement rendu aux autorités un plan de restructuration dont les détails ne sont pas encore connus. Selon les sources, cette affaire devrait en effet être réglée à la mi-février. Ant Group a en effet formé un groupe de travail dirigé par son directeur général et a nommé un responsable de la conformité dans le but de diriger la restructuration.

C’est donc sous la surveillance du comité de stabilité financière et de développement que s’opèrera ce changement. 5 changements majeurs ont ainsi été demandés par les autorités avec un retour aux activités d’origine de paiement, une conservation des données personnelles des activités de prêts, la création de la holding financière, la modification de la gouvernance et la révision de la gestion d’actifs.

Mais c’est avant tout la question des données qui est au centre de cette affaire puisqu’Ant Group en a collecté des millions dans le but d’accorder des prêts financiers. Mais l’Etat chinois pourrait également profiter de cette holding pour diffuser le plus largement possible son yuan numérique au moment de sa mise en circulation.

 

Ant accusé d’avoir méprisé les lois et de s’être livré à un arbitrage réglementaire :

L’ancien chef de la division Chine au FMI, Eswar Prasad a ainsi précisé lors d’un communiqué : « Les autorités de réglementation financière étaient préoccupées par les pratiques d’arbitrage réglementaire d’Ant, qui auraient permis à l’entreprise de donner une image positive de sa situation financière et de dissimuler les risques financiers engendrés par son expansion agressive dans de nouveaux secteurs d’activité. »

C’est notamment l’activité de la branche Alipay, service de paiement qui a traité plus de 17 000 milliards de dollars de transactions et accordé plus de 500 millions de prêts qui est critiquée car se positionnant en tant qu’intermédiaire entre les banques qui accordent les prêts et les clients ce qui minimise les risques et menace donc, selon le gouvernement, le système bancaire tout entier.

Pour le moment, aucun acteur majeur de cette affaire n’a souhaité émettre de commentaire.