Amazon visé par deux enquêtes de la Commission européenne après avoir enfreint les règles de concurrence

  •   Le 12/11/2020 à 14h21
  •   DEHOUI Lionel

Alors que de nombreux consommateurs se tournent de plus en plus vers les achats en ligne à cause de la pandémie du coronavirus, Amazon fait objet d’une procédure européenne. Ce mardi, la Commission européenne soupçonne l’entreprise américaine de vente en ligne de ne pas respecter les règles de concurrence dans son secteur d’activité. Dans une seconde enquête, l’institution de Bruxelles reproche au groupe d’avantager certains vendeurs indépendants bénéficiant de ses services de logistique au détriment des autres.

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Amazon visé par deux enquêtes de la Commission européenne après avoir enfreint les règles de concurrence
Droit image : Xabier Cid - Flickr

La Commission européenne reproche à Amazon d’enfreindre les règles de concurrence

Il a été reproché au géant américain de la vente sur internet d’endosser à la fois le rôle de détaillant et de place de marché. En réalité, en plus de vendre directement ses produits en ligne, l’entreprise permet également aux détaillants indépendants de disposer d’un espace sur sa plateforme pour vendre aux consommateurs.

Ainsi, la juridiction européenne accuse le spécialiste de la vente en ligne de profiter des données de vendeurs indépendants utilisant son site E-commerce. En effet, dans un communiqué rendu public, l’institution européenne déclare que : « La Commission reproche à Amazon d’utiliser systématiquement les données commerciales non publiques des vendeurs indépendants actifs sur sa place de marché au bénéfice de sa propre activité de vente au détail, qui est en concurrence directe avec celle de ces vendeurs tiers ».

Il faut souligner que cette procédure vient en prolongement à une enquête préliminaire qui avait été ouverte en 2018. À cette époque, l’accusation portée contre Amazon était relative à l’utilisation de données. Cette enquête a été rendue formelle plus tard, en juillet 2019. « Les données relatives à l’activité des vendeurs tiers ne devraient pas être utilisées au bénéfice d’Amazon lorsque celle-ci agit en tant que concurrente de ces vendeurs », affirme Mme Margrethe Vestager, la vice-présidente de la commission.

 

La Commission européenne lance une nouvelle enquête contre Amazon

Bruxelles a annoncé ce mardi l’ouverture d’une seconde enquête contre Amazon. Elle accuse cette fois-ci le géant américain de l’e-commerce de favoriser ses offres ainsi que celles des vendeurs tiers à qui il a donné accès à ses services de logistique. En fait, ces vendeurs utilisent de manière illégale les entrepôts de stockage et les capacités de livraison de l’entreprise.

En effet, cette nouvelle accusation de la Commission européenne est relative à la fameuse boîte d’achat « Buy Box ». Il s’agit d’un bouton jaune sous forme rectangulaire, que l’on retrouve à droite des fiches de produits. Son rôle est de permettre à un client de se procurer en un clic un article chez l’un des vendeurs qui le présentent.

Le Buy Box représente un point très important dans l’activité d’Amazon. La majorité de ses transactions passent par cette boîte d’achat. Ainsi, l’institution bruxelloise estime que l’entreprise américaine de la vente en ligne se sert des avantages de ce bouton pour se démarquer de la concurrence. En plus, celle-ci permet aux vendeurs rattachés au programme Prime de profiter des atouts concurrentiels de la boîte d’achat au détriment des autres vendeurs.

 

Réaction d’Amazon face aux accusations de Bruxelles

Le groupe dirigé par Jeff Bezos conteste l’ensemble des accusations qui lui sont portées par la Commission européenne. Il a fait savoir à la juridiction européenne par communiqué, son opposition aux différentes procédures lancées contre l’entreprise. « Nous sommes en désaccord avec les affirmations préliminaires de la Commission européenne et nous ferons tout notre possible pour nous assurer qu’elle ait une parfaite compréhension des faits..., peut-on lire dans le message publié par Amazon.

Aussi, le responsable de l’entreprise apporte un contre-argument en soulignant que son site E-commerce ne désavantage pas les vendeurs tiers. Cependant, la réglementation européenne invite le géant américain à présenter lors d’une séance à huis à clos, des arguments pour se défendre devant l’institution de Bruxelles. Cette dernière pourrait se prononcer sur le sujet l’année prochaine.