L’UE autorise Alstom à racheter Bombardier

  •   Le 01/08/2020 à 11h46
  •   HARMANT Adeline

Durant la séance de vendredi, nous avons appris que le groupe Alstom a obtenu l’autorisation de l’UE pour le rachat de Bombardier Transport. Grâce à cette opération, Alstom va ainsi devenir le numéro deux mondial du secteur ferroviaire dès le premier semestre 2021.

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L’UE autorise Alstom à racheter Bombardier
Droit image : Mike Mozart - Flickr

Comment sera composé le nouvel ensemble ainsi créé ?

La nouvelle entité devrait ainsi employer au total 76 000 salariés avec un chiffre d’affaires de 15.5 milliards d’euros et pourra ainsi concurrencer le numéro un mondial, à savoir le chinois CRRC. L’industrie ferroviaire européenne profitera ainsi de cette bonne nouvelle comme l’a indiqué le Ministre de l’économie Bruno Lemaire qui avait précédemment critiqué le véto de la commission européenne à ce sujet.

Pour répondre aux problèmes de concurrence soulevés, Alstom avait fait plusieurs propositions dont un engagement de cession de ses trains Coradia Polyvalent pour le marché français et de son site de production à Reichshoffen. Plusieurs acheteurs potentiels étaient intéressés par cette usine et c’est Alstom qui va choisir le nouvel acquéreur qui sera sans doute un concurrent régional. Le ministre délégué à l’industrie, Agnès Pannier-Runacher a précisé que le gouvernement serait particulièrement vigilant à la situation de ce site de production qui a vocation à être cédé par le nouvel ensemble et afin d’y garantir à long terme l’activité et l’emploi.

 

D’autres cessions prévues par Alstom et Bombardier pour éviter un positionnement dominant :

Le nouveau groupe va également céder la plateforme Bombardier Talent 3 vendant des automoteurs en Allemagne et en Autriche et l’usine d’Hennigsdorf en Allemagne ainsi que la contribution de Bombardier Transport dans Zefiro, une plateforme de trains à grande vitesse développée en collaboration avec Hitachi.

Rappelons que le groupe français avait annoncé à la mi-juin à Bruxelles son projet de rachat de son concurrent Bombardier Transport pour un montant de 6 milliards d’euros. Précédemment, la menace de la concurrence en provenance de la Chine avait été avancée dans le but de justifier la reprise d’Alstom par Siemens, opération qui a été bloquée par l’UE en 2019 par crainte d’une position trop dominante en Europe dans la signalisation ferroviaire et les trains à grande vitesse.

Dans le cas du rachat de Bombardier, les activités se chevauchent moins, ce qui rend l’opération plus facile à valider.

 

Rappel à propos des deux entités :

La société Bombardier Transport a réalisé un chiffre d’affaires de 8.3 milliards de dollars en 2019 avec un carnet de commandes de plus de 35.8 milliards de dollars. Il s’agit d’une des branches de la société Bombardier détenue à 32.5% par la Caisse de dépôt et de placement du Québec qui dispose aussi de la plus grosse usine ferroviaire française à Crespin dans le Nord.

Alstom détient quant à lui différents sites plus petits et a terminé l’année 2019 avec un chiffre d’affaires de 8.2 milliards d’euros et un carnet de commande de 40.9 milliards d’euros. Bien que la crise sanitaire ait pu avoir un impact sur l’exercice en cours, Alstom estime avoir suffisamment de trésorerie pour y faire face.