Airbus (Toulouse) : grève des salariés contre les suppressions de postes

  •   Le 09/07/2020 à 13h09
  •   DEHOUI Lionel

Comme toujours, plusieurs sujets d’actualité animent les différents secteurs d’activité. Mais il y a un sujet qui fait plus d’écho ce mercredi dans l’univers des affaires et surtout en France. En effet, les salariés du géant aéronautique Airbus sont entrés en grève depuis ce mercredi matin. Visiblement, ils répondent favorablement à l’appel des syndicats Force ouvrière, CFTC et CFE-CGC. Lequel exhortait à protester contre les suppressions d’emplois effectuées par le groupe Airbus. Notez tout de même que le groupe met simplement en exécution son plan social qu’il a annoncé la semaine écoulée. Selon ce plan dévoilé le 30 juin, Airbus laissait savoir qu’il va supprimer plus de 15.000 postes d’ici l’été 2021. Le tiers de cette opération concernera les emplois en France. Ce qui est en accord avec le programme de restructuration défini afin d’en découdre avec la crise dans le secteur aérien. Le coronavirus étant l’unique cause.

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Airbus (Toulouse) : grève des salariés contre les suppressions de postes
Droit image : reeser - Flickr

La plus importante perte d’emplois

Dans l’Hexagone, le site historique implanté à Toulouse sera touché particulièrement avec plus de 3.378 postes supprimés. L’on voit clairement que l’avionneur déploie ainsi son plus lourd plan social de l’histoire. Ce qui  survient 13 années après le fameux plan Power 8 qui concernait la suppression de 10.000 postes chez la compagnie aérienne et ses sous-traitants. À l’époque, un total de 4.300 postes a été supprimé en France avec plus de 1.100 au siège de Toulouse.

Le plan dévoilé d’Airbus s’accompagne d’une importante réduction d’effectifs au niveau de certaines de ses filiales. Il s’agit par exemples des filiales ATR avec 186 postes supprimés, et Stelia avec 36 postes touchés à Toulouse. C’est un « plan d’adaptation au Covid-19 » ayant rencontré des hostilités dès son annonce. En effet, les organisations syndicales ont imposé leur ligne rouge qui n’est rien d’autre que le refus de tout licenciement sous contrainte.

 

La déclaration d’un délégué syndical

Les trois syndicats représentatifs au sein d’Airbus Opérations Toulouse que sont : Force ouvrière, CFTC et CFE-CGC ont pris ce mot d’ordre pour faire leur annonce. Chez cette filiale, plus de 2.398 pertes d’emplois sont annoncées. Selon les appels des trois syndicats, les salariés devront respecter un mouvement de débrayage de 1H30 min ce mercredi.

Invité à se prononcer sur la question, le délégué syndical central Force ouvrière, Jean-François Knepper, n’a pas mâché ses mots. Il trouve en effet que la France vit une journée historique, car ses compagnons se trouvent en face d’un réel risque de plan social. Il a précisé que la question ne se pose pas seulement chez le groupe Airbus. Tout le secteur aéronautique est concerné selon le délégué. Il trouve que la vraie responsabilité d’Airbus est de maîtriser son plan social assez excessif. Ce dernier se place aussi comme un terrible exemple pour tous les sous-traitants.

Information : Il faut dire qu’un accord de méthode portant sur le calendrier des négociations devrait être conclu entre syndicats et dirigeants ce mercredi. Soulignons en effet que les grévistes demandent déjà que le groupe rallonge la période d’exécution dudit plan. Ils se sont fait entendre à travers la voix de leur délégué. Celui-ci dévoile que les syndicats demandent 2 années à partir de la date de démarrage du projet. Il précise que c’est pour éviter les licenciements secs.